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Visionner le témoignage de Sandra

On ne peut pas réécrire les histoires. On peut changer les prochaines.

Découvrez l'histoire de Sandra

Le 3 avril, je me mariais. Le lendemain, je remportais MasterChef Québec. Je vivais les plus beaux moments de ma vie.

Quatre jours plus tard, des policiers cognaient à ma porte. Mon coeur s’est serré.

Ma mère, Suzie, s’était enlevé la vie. Un choc indescriptible. Un temps d’arrêt où tout semble suspendu autour, comme dans les films.

On était très proches et je n’ai rien vu venir. On partageait le même amour pour la cuisine, elle adorait ses petits-enfants. Je n’aurais jamais pensé que ma semaine de rêve se terminerait aussi abruptement.

Ma mère vivait avec une grande détresse psychologique.

J’avais neuf ans lorsque j’ai commencé à comprendre que quelque chose n’allait pas. À cet âge-là, je ne savais pas vraiment ce qu’était la maladie mentale. Je voyais ses colères, ses changements d’humeur, ses moments plus difficiles, sans comprendre toute la souffrance qui se cachait derrière.

À l’époque, on n’en parlait pas. Même dans notre famille, la santé mentale était un sujet tabou.

À l’adolescence, j’ai essayé d’aider ma mère. Je l’ai accompagnée chez le médecin, je l’ai encouragée à consulter. Mais elle avait du mal à faire confiance et n’a jamais vraiment réussi à comprendre ce qui se passaiten elle. Elle aura gardé cette souffrance pendant toutes ces années.

Aujourd’hui encore, je me dis que ça aurait peut-être été différent si elle avait eu des mots ou un diagnostic pour l’aider à mieux se comprendre. Elle aurait eu les outils pour l’aider à traverser les moments difficiles.

Je n’aurai jamais de réponse à ces questions.

Sandra et sa famille

Il y a la tristesse, la colère, l’incompréhension. Il y a les enfants, à qui il faut expliquer pourquoi leur grand-maman n’est plus là. C’est probablement ce qui a été le plus difficile pour moi.

Personne ne devrait vivre un suicide. C’est tellement violent, tellement inexplicable.

Alors, aujourd’hui, j’ai décidé de parler.

Parce que je ne veux pas que la détresse psychologique reste quelque chose qu’on cache, qu’on évite ou qu’on fait semblant de ne pas voir.

Je crois profondément qu’il y a toujours de l’espoir.

C’est pour cette raison que j’ai choisi de soutenir la Fondation CERVO. Parce que la recherche avance, que les soins évoluent et qu’avec les bons outils et un accompagnement adapté, il est possible d’aller mieux.

Je ne peux pas changer ce qui est arrivé à ma mère.

Mais si mon histoire peut aider ne serait-ce qu’une personne à demander de l’aide, ou un proche à tendre la main, alors avoir pris la parole aura valu la peine.

Signature Sandra Plourde

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